48 équipes au Mondial 2026 : le Ghana dénonce un football dénaturé
Carlos Queiroz, sélectionneur du Ghana, critique le nouveau format à 48 équipes de la Coupe du monde 2026, dénonçant une compétition moins sélective où l'argent prime sur le sport. Une polémique qui interroge l'avenir du football africain.

Alors que la Coupe du monde 2026 vient de s'achever avec son nouveau format à 48 équipes, le sélectionneur du Ghana, Carlos Queiroz, a lancé un vibrant réquisitoire contre cette expansion. Malgré une qualification pour les huitièmes de finale en tant que troisième du groupe L, le technicien portugais n'a pas mâché ses mots : selon lui, l'argent a pris le pas sur le sport, rendant la compétition moins sélective et moins prestigieuse.
Une qualification amère pour les Black Stars
Le Ghana a validé son billet pour le tour suivant en terminant à la troisième place de son groupe, une performance qui aurait été synonyme d'élimination lors des éditions précédentes. Ce paradoxe a profondément irrité Queiroz, qui voit dans ce nouveau format une dévalorisation du parcours des équipes africaines. « Nous sommes heureux d'être en huitièmes, mais comment célébrer une qualification obtenue sans avoir battu un seul cador ? », a-t-il glissé en conférence de presse. Les Black Stars, portés par des joueurs comme Mohammed Kudus ou Thomas Partey, n'ont pas démérité, mais le sélectionneur estime que le système actuel nivelle par le bas.
L'argent roi : le vrai moteur de la réforme
Pour Queiroz, le passage de 32 à 48 équipes n'est qu'une opération commerciale déguisée. « C'est l'argent qui parle, et c'est triste », a-t-il asséné. La FIFA, en élargissant le plateau, multiplie les matchs et donc les droits télé, mais au détriment de l'intensité et de l'équité sportive. Le technicien a pointé du doigt les matchs à faible enjeu en phase de groupes, où certaines équipes qualifiées d'office ont aligné des équipes bis, faussant la compétition. « On voit des rencontres où les deux équipes se contentent du nul, car le calcul est plus important que le jeu », a-t-il déploré.
Un impact direct sur le football africain
Cette polémique résonne particulièrement sur le continent africain, où les sélections peinent souvent à se qualifier pour la phase finale. Avec 9 places attribuées à l'Afrique (contre 5 auparavant), la CAN et les éliminatoires ont changé de physionomie. Mais Queiroz prévient : « Plus de places ne signifie pas plus de qualité. Le Ghana, comme le Sénégal ou le Maroc, doit viser l'excellence, pas une simple participation. » Le technicien craint que ce format n'encourage les fédérations à se contenter de la qualification, sans investir dans la formation et les académies.
Analyse 360° : le dilemme entre spectacle et sélectivité
Le débat n'est pas nouveau. Depuis l'annonce du passage à 48 équipes, les puristes redoutent une dilution du niveau. Pourtant, les chiffres de la Coupe du monde 2026 montrent une affluence record et des audiences en hausse, ce que la FIFA ne manque pas de souligner. Mais Queiroz, lui, regarde le fond : « Un Mondial doit être le sommet du football mondial, pas un festival où tout le monde est invité. » Dans l'histoire, les formats réduits (16 équipes jusqu'en 1982, 32 de 1998 à 2022) ont produit des épopées mémorables. Le risque, aujourd'hui, est de voir les grandes nations (Brésil, France, Argentine) survoler des groupes trop faibles, tandis que des surprises comme le Ghana ou le Cameroun peinent à exister dans une compétition trop diluée.
Que retenir pour l'avenir ?
Le cri d'alarme de Carlos Queiroz trouve un écho chez plusieurs entraîneurs africains, conscients que le football du continent doit évoluer. Le Ghana, demi-finaliste de la CAN 2023, a montré qu'il avait les ressources pour rivaliser, mais le sélectionneur insiste : « Ne confondons pas opportunité et progrès. » À l'heure où les ligues africaines attirent de plus en plus de scouts européens, la question de la compétitivité des sélections reste centrale. Le Mondial 2026 a peut-être offert un nouveau format, mais il a aussi ouvert une boîte de Pandore sur le sens même du sport.
Et vous, que pensez-vous de ce nouveau format à 48 équipes ? Le football y gagne-t-il en spectacle ou perd-il en authenticité ? Partagez votre avis en commentaire et suivez 360foot.com pour ne rien manquer des débats qui animent le monde du ballon rond.
Sources : RMC Sport
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