Schweinsteiger qualifié de raciste : la colère d'Emerse Faé
Le sélectionneur ivoirien Emerse Faé a vivement réagi aux propos de Bastian Schweinsteiger, qui qualifiait le jeu de la Côte d'Ivoire de 'sauvage'. Une polémique qui relance le débat sur les préjugés racistes dans le football envers les équipes africaines.

Le sélectionneur ivoirien Emerse Faé n'a pas mâché ses mots. En conférence de presse, il a qualifié de « racistes » les récents commentaires de l'ancien milieu allemand Bastian Schweinsteiger sur le style de jeu des Éléphants. Une polémique qui secoue le monde du football africain et relance le débat sur les préjugés tenaces envers les équipes du continent.
Des propos qui fâchent
Tout est parti d'une déclaration de Schweinsteiger lors d'un plateau télé en Allemagne. Le champion du monde 2014 avait décrit le jeu de la Côte d'Ivoire comme « sauvage », « désorganisé » et « sans structure ». Des termes qui ont immédiatement heurté la sensibilité d'Emerse Faé, ancien joueur de Ligue 1 passé par Nantes et Nice.
« On pourrait appeler ça raciste, oui », a lâché le technicien ivoirien, visiblement remonté. « Quand on parle de jeu sauvage pour une équipe africaine, c'est un stéréotype. On ne dit jamais ça d'une équipe européenne. C'est un manque de respect et une méconnaissance de notre football. »
Un style de jeu sous-estimé
Pourtant, la Côte d'Ivoire championne d'Afrique en titre a montré tout autre chose lors de la dernière CAN. Sous la houlette de Faé, les Éléphants ont développé un football moderne, alliant rigueur tactique et créativité individuelle. Les performances de joueurs comme Sébastien Haller, Franck Kessié ou Simon Adingra ont prouvé que l'équipe n'a rien à envier aux grandes nations.
« Nous avons un style propre, avec une identité forte, mais ce n'est pas du chaos », a insisté Faé. « Nous travaillons la possession, le pressing, les transitions. Dire que c'est sauvage, c'est ignorer tout le travail des techniciens ivoiriens et africains. »
Le poids des préjugés dans le football
Cette polémique rappelle d'autres épisodes où des joueurs ou sélections africaines ont été victimes de clichés. En 2010, le sélectionneur du Ghana avait déjà dénoncé des propos similaires. Plus récemment, des commentaires sur le jeu « physique » des équipes africaines en Premier League ou en Ligue 1 ont été critiqués.
Pour Emerse Faé, le problème est systémique. « Le football africain est souvent jugé sur des a priori, pas sur la réalité du terrain. On nous voit comme des athlètes, pas comme des penseurs du jeu. C'est réducteur et blessant. »
Analyse 360° : au-delà du cliché
D'un point de vue tactique, la Côte d'Ivoire de Faé a pourtant démontré une grande polyvalence. Lors de la CAN 2023, les Éléphants ont alterné entre un bloc bas pour contrer le Sénégal et un pressing haut contre le Mali. Leurs statistiques de possession (52% en moyenne) et de passes réussies (84%) étaient proches de celles des meilleures équipes européennes.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : avec 7 buts marqués sur phases construites et 3 sur coups de pied arrêtés, la Côte d'Ivoire a montré une diversité de solutions. Loin du stéréotype du jeu « sauvage », c'est une équipe qui maîtrise les différents registres du football moderne.
Ce débat intervient alors que la prochaine CAN approche et que les Éléphants chercheront à défendre leur titre. Une chose est sûre : les propos de Schweinsteiger risquent de servir de carburant supplémentaire pour une équipe déjà déterminée à prouver sa valeur sur la scène internationale.
Conclusion : une réaction nécessaire
En prenant la parole, Emerse Faé ne défend pas seulement son équipe : il porte la voix de tout un continent fatigué des préjugés. Le football africain a gagné le droit d'être jugé sur ses qualités, pas sur des clichés. Et si cette polémique permet d'ouvrir les yeux, elle aura au moins servi à quelque chose.
Et vous, que pensez-vous des propos de Schweinsteiger ? Le débat sur les stéréotypes dans le football est-il encore d'actualité ? Dites-le nous en commentaire et partagez cet article pour faire avancer la discussion.
Sources : BBC Sport
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